La campagne électorale en cours en Guinée est caractérisée par une présence massive de mineurs dans les différents rassemblements. Le phénomène est observé tant chez le parti au pouvoir le RPG que chez l’opposition. Face à ce qu’elle qualifie « d’instrumentalisation », l’ONG SOS Mineur en Prison interpelle les formations politiques et invite les parents à plus de responsabilité.

Vêtus de tee-shirts jaunes, blanc, vert… les mineurs sont fortement utilisés par les partis politiques en lices pour grossir les rangs pendant les mobilisations en faveur de la campagne électorale en prélude du scrutin du 18 octobre 2020.

Constatée à Conakry et dans certaines villes de l’intérieur du Pays, cette situation est déplorée par des  défenseurs des droits de l’enfant.

«Sont électeurs ceux qui ont 18 ans révolus. Mais si des gens qui ont moins de 18 ans sont utilisés dans des campagnes électorales, il va falloir se poser beaucoup de questions. En période électorale, les enfants font souvent l’objet d’instrumentalisation pour battre campagne, mais avec quelles manières ? Des manipulations, des injures, des jets de pierre, etc », regrette  Lamah Richard, le coordinateur national de l’ONG SOS mineur en prison.  

Pour limiter et même freiner la présence des enfants dans les manifestations politiques en Guinée, l’ONG SOS mineur en prison, propose aux partis de procéder à une éducation de leurs militants et aux parents d’êtres plus responsables: «  Il faut une éducation civique au sein des formations politiques pour éviter que les enfants soient mêlés à la campagne électorale, car ils n’ont pas l’âge. Les enfants doivent faire preuve de retenue dans les manifestations politiques, parce qu’ils n’ont pas l’âge de voter et ils ne sont pas électeurs. Quant aux parents, ils doivent être très responsables en prenant soin de garder leurs enfants à la maison », propose Lamah Richard.

C’est souvent à l’occasion des rassemblements du genre que « des enfants de moins de 18 ans sont arrêtés et emprisonnés », regrette le coordinateur national de l’ONG SOS mineur en prison